Éditions GOPE, 108 pages, 16.5x23.3 cm, 18.80 €, ISBN 978-2-9535538-4-0

samedi 12 juillet 2014

Virginie Broquet a le trait ivre



Virginie Broquet a le trait ivre et la couleur généreuse. Elle le prouve une nouvelle fois avec sa dernière production librement inspirée du roman de Richard Mason, Le monde de Suzie Wong. Son héroïne est donc plantureuse, sexy, indépendante. On prend plaisir à la suivre dans une sorte de road movie asiatique, où s'entrecroisent esprits lady boys et ladys tout court.

Stéphane Brasca
LE MAGAZINE QUI DONNE À VOIR

mardi 24 juin 2014

L’univers fantasque et captivant de Virginie Broquet

Virginie Broquet semble elle-même sortir d’un roman graphique : sa silhouette longiligne et sexy, ses tenues près du corps aux matières lycra scintillantes, son œil espiègle et sa fougue font d’elle une héroïne des temps modernes. Sourire aux lèvres et crayon en main, elle croque tout ce qui l’entoure avec véracité. Curieuse, elle peint la vie, observe les gens, les situations avec une vraie volonté de retranscrire ce qui l’entoure. Artiste pluridisciplinaire, Virginie partage son activité entre la presse, la bande dessinée, l’illustration, la publicité, la peinture et la mode, notamment avec Isabel Marant et Xuly Bët. Une vingtaine d’ouvrages éclectiques adultes et jeunesse sont à son actif. Quand elle n’est pas chez elle à Nice où elle participe chaque année à la conception de chars pour le grand Carnaval annuel, elle parcourt le monde, telle une aventurière pour élaborer ses carnets de voyage.

ToutMa

Son dernier ouvrage, Suzy Wong et les esprits participe à la fusion de son travail artistique développé pour la BD et de celui qu’elle propose pour les ambassades. Suzy Wong et les Esprits est librement inspiré du roman de Richard Mason paru en 1957. Avec son style si particulier, libre et baroque Virginie Broquet narre les aventures de Suzy à Hong Kong, à la recherche de ses oncles et tantes aux activités louches et adeptes de sciences occultes. Un récit déluré au rythme soutenu, des dessins chatoyants rehaussés à l’aquarelle dont les détails foisonnants séduisent par leur authenticité.

Emmanuelle Vigne – 10/06/2014
ToutMa

mardi 10 juin 2014

Fauve qui peut

Après tout le monde, je viens de recevoir Suzy Wong et les esprits. Je dis après tout le monde car, aussi étrange que cela puisse être, l’enveloppe contenant le roman graphique de Virginie Broquet a dû auparavant faire deux fois le tour du monde avant d’atterrir dans ma boîte aux lettres – nous ne contrôlons pas toujours le cours des choses. Collectionneur de timbres, comme tout un chacun, je le fus. En voyant tous ces timbres plus exotiques les uns que les autres tapisser l’enveloppe, j’ai envisagé un instant commencer une nouvelle collection. Putain ce qu’ils sont beaux les timbres du Mozambique ! Et ceux du Groenland, je ne vous dis pas ! Entre nous, elle est allée faire quoi, Suzy, au Groenland ?

a) se farcir un phoque
b) s’adonner au morse
c) dissoudre un iceberg

Bref, après tout le monde, donc, j’ai pu mater le joli derrière de Suzy. Adolescent, j’avais Lui et Playboy planqués sous le matelas. Désormais, sous mon matelas, j’ai Suzy Wong et les esprits. Assurément je ne perds pas au change. Trop bonne, Suzy ! Son cul, ses seins, sa bouche ! Sopalin, s’il vous plaît ! 

Bizarrement, en feuilletant les pages de cet album, tableaux après tableaux (car, ici, il s’agit bel et bien de tableaux), des rouges, des verts, des jaunes et des bleus plein les yeux, je me suis retrouvé baignant dans un océan coloré fait de glaces à l’eau. Un monde de Popsicle et de Mister Freeze rien que pour moi ! Pour tout vous dire, j’ai bien failli y mettre la langue dans l’espoir de faire fondre cette orgie de couleurs dans ma bouche. Alors, j’aurais fait pipi un arc-en-ciel. Mais on ne met pas à la bouche des glaces chaudes comme la braise au risque de se brûler la langue. On se contente de regarder, de contempler, mais aussi d’écouter. Suzy a tellement de choses à nous dire. Elle a ses petits secrets, voyez-vous ! Ses petits secrets de gonzesse ! Alors, à la page 31, j’ai tendu l’oreille. De sa voix chaude et envoûtante, Suzy m’a dit… non, je le garde pour moi. Mais je suis certain qu’elle vous livrera aussi ses secrets si vous savez tendre l’oreille. Contempler les dessins, c’est bien. Les écouter, c’est mieux. Et Suzy la divine vous dira tout. Et c’est là toute la subtilité de Virginie Broquet, laisser à chaque lecteur la possibilité de converser avec sa Suzy, laquelle, au fil des pages, devient notre Suzy… notre Suzy chérie. Sopalin, j’ai dit !

Virginie Broquet est un fauve. Je n’ai pas dit tigresse du Mozambique ou panthère du Groenland. J’ai dit fauve. Non mais regardez comment cette artiste utilise la couleur ! Chez Virginie, il y a du Matisse, du Derain, du Duffy, du de Vlaminck. C’est strident, virulent, animé, torrentueux, pi(g)menté. Donc, immensément fauve. Il y a aussi un zest de Pablo, un doigt de Cocteau, une larme de Chagall. Il y a même une once de Mondrian, celui du tout début, version Arbre rouge. Mais Virginie, c’est Virginie, et son style, au-delà de toutes ces influences, n’appartient qu’à elle. De par la couleur, c’est orgiaque. Oui, c’est ça, orgiaque. Somptueusement orgiaque. Broquet, du grand braquet qui fout le feu à ma braguette… la braguette derrière laquelle se planque mon cerveau, celui qui mène à la baguette tous mes sens. 

Bon, à défaut de Sopalin, je m’en vais faire un gros câlin à Suzy. Un gros câlin dans les bras du grand fauve…

Cyril Namiech, auteur de Thaïlande guili-guili et Magie thaïe.

mardi 3 juin 2014

Carnet de voyage dessiné…

dBD #84 (Juin 2014)

Née à Hong Kong le quinzième jour du quatrième mois de l’année du Tigre, Suzy Wong serait en réalité l’incarnation de la déesse de la Lune. Protégée depuis sa naissance par trois esprits ancestraux invisibles, elle devient vite la mascotte de la maison close dirigée par sa grand-mère Wong Su Xi.
Son destin bascule le jour où sa mère trouve la mort dans l’incendie qui ravage ce bordel flottant. À la sortie du pensionnat où elle est immédiatement placée pour parfaire son éducation, elle décide de réunir ses six oncles et tantes dispersés à travers l’Asie pour l’anniversaire de sa grand-mère que tout le monde semble avoir oublié. Mais viendront-ils seulement fêter cette vieille dame qui a tant fait pour leur famille ?

Suzy Wong et les esprits est d’abord et avant tout un excellent moyen de découvrir l’univers coloré et onirique de Virginie Broquet. En fusionnant les domaines de la bande dessinée et du carnet de voyage, l’auteure fait preuve d’une grande liberté artistique et c’est ce que nous aimons chez elle. Un monde à découvrir… et une très belle ode à l’Asie, une région du monde qu’elle affectionne particulièrement.

Frédéric Bosser
dBD #84 (juin 2014)

vendredi 30 mai 2014

Un livre rare, d’une grande intensité

Point de fuite

Suzy Wong et les esprits est un livre de bande dessinée qui a pu être édité en partie grâce à un financement participatif réussi sur la plate-forme Ulule. Son éditeur, Gope, a été fondé en 2009 […] dans le but de proposer au marché francophone des ouvrages originaux et modernes ayant pour cadre des pays du Sud-Est asiatique comme la Thaïlande, la Malaisie ou le Cambodge. Le second objectif était de favoriser une offre éditoriale en langue française dans des pays où l’anglais est roi. C’est ainsi qu’un des premiers projets de Gope s’est articulé autour de la traduction d’un roman des années cinquante, Le Monde de Suzie Wong, de Richard Mason. Deux autres romans inspirés du personnage mythique figurent au catalogue de l’éditeur et, désormais, une bande dessinée.

Suzie Wong, ou Suzy Wong, est l’égérie asiatique des marins du monde entier, un nom prononcé dans tous les bateaux. Personnage fantasmé, archétype de la prostituée au grand cœur, elle alimente les rêveries des artistes éblouis par les néons des bars de nuit et le désir des Occidentaux atteints par la fièvre du tourisme sexuel. En confiant Suzie à Virginie Broquet, l’idée des éditions Gope était de continuer à développer les différentes facettes du personnage équivoque à travers une collection d’ouvrages, ou plutôt différentes visions. Et c’est une composition très personnelle, habitée, que livre Virginie Broquet, une réappropriation aux résonances multiples.

Le propre d’un artiste réside dans sa faculté à intégrer son univers à n’importe quel sujet, qu’il s’agisse d’une contrainte ou même d’une commande (cf. Le Mépris de Godard). Quoi qu’il traite, ce qui résulte de son travail n’est autre que l’émanation de son style. Quand Virginie Broquet part à la rencontre de Suzy, elle s’invite elle-même à la confrontation. Il n’est plus question de femme fatale ni de prostitution, mais de ses propres voyages, réels ou intérieurs. D’une certaine manière, elle redessine les contours de la jeune femme et projette dans ses gestes et tourments des interrogations qui lui appartiennent en tant qu’auteur ; elle profite du sujet Suzy Wong pour se replonger dans ses carnets et ses expériences orientales. Au bout du compte, elle assemble ; elle résume.

Suzy Wong et les esprits est construit à la manière d’un carnet intime. Des impressions viennent souligner chaque case ou tableau (un ou deux par page), comme autant de mises au point naïves qui révéleraient le foisonnement graphique et l’effervescence des couleurs. Il y est question d’une déambulation presque touristique. Suzy, avec l’aide de la triade d’esprits qui la guide et la protège, s’est mis en tête de réunir une famille éclatée après le drame de l’incendie de la maison close de sa mère qui coûta la vie à cette dernière, la fameuse Suzie Wong. De New York à Tokyo, de Hong Kong à Shanghai, elle part à la rencontre d’oncles et tantes afin de les convaincre de se rabibocher.

Ce n’est pas une histoire qu’il faut s’attendre à se voir conter, mais plutôt une succession d’impressions, magnifiées par les peintures de l’auteur. La simplicité du texte, son côté délibérément puéril et gentillet (les questions laissées sans réponse, adressées à la deuxième personne à la manière d’une adolescente qui voudrait comprendre la vie) est un prétexte au voyage et à la visite de mégalopoles dont le tableau n’est pas sans rappeler, dans son atmosphère asphyxiante, les images du New York-sur-Loire de de Crécy. Il y a aussi du Fred Bernard dans la sensualité de Suzy et la langueur des corps. Suzy Wong et les esprits est un livre rare, d’une grande intensité, qui met en valeur la sensibilité et le talent immense d’une artiste méconnue qui mérite de ne plus le rester, Virginie Broquet.

Vendredi 09 mai 2014
Publié par Fred in Chroniques

vendredi 9 mai 2014

Kalédoscopes - Autour des dessins de Virginie Broquet

« Des pièces d’or jaune semées sur l’agate, des piliers d’acajou supportant un dôme d’émeraude, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis... » (A. Rimbaud, Illuminations)

Imaginez la scène : le jour s’est déjà levé ; vous ouvrez les volets. D’un coup, c’est la ville, ses éclats, ses mille rumeurs, qui emplissent la chambre. Une soudaine bouffée de lumière. La vie est là, intense, chatoyante. Les dessins de Virginie Broquet sont comme ces volets qu’on ouvre. Qu’on ouvre sur Paris, sur des ailleurs lointains ou pas, sur des vies autres que la sienne.



Vous ne serez pas déçus, peut-être surpris, car à chaque regard le spectacle ne sera jamais exactement le même. Ici, un nouveau détail retiendra votre œil. Là, vous suivrez une ligne, heureux de voyager dans l’image et dans les histoires que celle-ci raconte, comme le fit avant vous Virginie Broquet d’un pays l’autre, traversant les scènes de la vie quotidienne ou mondaine, les croquant avec empathie et talent. Hong Kong, Pékin, Shanghai, Tokyo, Los Angeles, New York, Brasilia, Cuba, Dakar, Tananarive, Bombay, Saigon et de nouveau Hong Kong... Et c’est reparti pour un tour.

Avant, il y eut d’abord l’Europe, des études en France et les premiers voyages. Diplômée de l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg en 1992, elle reçoit l’année suivante le premier prix du Festival de Bande dessinée de Sierre en Suisse, deuxième plus grand festival de BD d’Europe après celui d’Angoulême, le FIBD. Angoulême où, en 1993, elle est récompensée par l’ « Alph-Art avenir ». Outre la BD, Virginie Broquet travaille notamment pour la presse, l’illustration jeunesse, la publicité et la mode. Illustratrice, elle est aussi avant tout peintre et artiste, passant de la conception de chars pour le Carnaval de Nice à la création des vitrines de Noël pour un grand magasin parisien. Sans oublier les superbes carnets de voyage et les œuvres, toiles peintes de grand format mêlant plusieurs techniques, qu’elle en tire.


Du voyage il sera question avec la venue de Virginie Broquet en mai 2014 à Hong Kong. Elle présentera à l’Alliance Française de Hong Kong une série d’illustrations autour de Paris, de la mode et de l’art de la vivre « à la française ». Vous pourrez également partager l’enthousiasme et l’expérience de Virginie Broquet lors d’une présentation qu’elle animera à la médiathèque de l’Alliance Française. Elle exposera aussi à Hong Kong des planches originales de son dernier roman graphique, Suzy Wong et les esprits, librement inspiré du roman de Richard Mason paru en 1957, lui-même adapté au cinéma trois ans plus tard. Une occasion unique de s’échapper avec cette artiste vers des horizons, familiers ou non. Amoureux de la bande dessinée, des arts graphiques, de la France, de l’Asie et de Hong Kong bien sûr, soyez aux rendez-vous !

Article de Kari Desservettaz, extrait du magazine Paroles de l'Alliance Française de Hong Kong.

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Exposition
Dessins de Virginie Broquet
12/05-30/06/2014
Alliance Française de HK - Jordan Centre
52, Jordan Road, Kowloon

Rencontre-présentation
Avec Virginie Broquet
à l’occasion de la sortie de son livre Suzy Wong et les esprits
16/05/2014 - 18h30
Médiathèque, Alliance Française de HK - Jordan Centre

Rencontre-signature
Avec Virginie Broquet
19/05/2014 - 18h30
Librairie Parenthèses
2/F, 14 Wellington Street, Central

dimanche 4 mai 2014

Mini revue de presse Suzy Wong

En attendant les prochains articles à paraître, voici une mini revue de presse sur notre héroïne préférée...


On en parle aussi ici : webzine Travel, Style&Life

dimanche 20 avril 2014

Suzy Wong s’éveille mollement...

19/04/2014
Suzy Wong, de Virginie Broquet. Gope Editions

Suzy Wong s’éveille mollement dans son appartement newyorkais. La jeune asiatique vit depuis 10 ans dans cette sorte d’exil, envoyée ici pour y suivre une éducation plus stricte que ce qu’auraient pu lui apporter ses racines familiales. Elle se souvient vaguement d’un drame intime, l’incendie du bordel flottant de sa grand-mère, Su Xi, qui coûta la vie à sa mère, dans un vague port du sud-est. Depuis ce traumatisme, ses oncles et ses tantes, désunis, vivent dispersés dans diverses grandes métropoles d’Asie, sorte de diaspora que l’on retrouve toujours dans des lieux de plaisirs plus ou moins louches, du lupanar aux bars à hôtesses en passant par une fumerie d’opium.

Jean-Marc Lernould
http://bd.blogs.sudouest.fr/


Suzy Wong est sans doute l’incarnation de la déesse Lune et vit accompagnée de trois esprits espiègles, Marraine Qing Yi, parrain intello Wen Chou et tonton brutal Ji Azi, qui ne la quittent jamais d’une semelle. Ils sont les réminiscences de cette étrange famille qui semble avoir partie liée avec les fantômes, et sont d’autant plus présents que se rapproche à grands pas l’anniversaire de la grand-mère. Suzy Wong va alors voyager de ville en ville pour réconcilier les uns et les autres et les convaincre de participer à la fête.

La saga fantastique et familiale de Suzy Wong, lointainement inspirée du roman éponyme de Richard Mason (1), est un prétexte, un fil rouge à la découverte de ces grandes métropoles de Chine, de Hong-Kong ou du Japon. Virginie poursuit ses carnets de voyages qui lui sont si chers, croquant le dualisme entre tradition et modernisme dans ces cités asiatiques, avec des images troubles où l’on n’est jamais sûr du sexe des anges qui vous parlent.

Ce parcours est surtout une explosion de couleurs, un feu d’artifice à lire en hiver pour faire fuir les heures sombres. Les couleurs vives se juxtaposent sans se mélanger, comme un défilé de dragons. Une dentelle rouge sert justement de fil (rouge) pour ciseler l’univers inimitable de Suzy Wong, qui poursuit un voyage également intérieur et initiatique. Un voyage remarquable de plus pour Virginie Broquet, auteur entre autres de "Carnet du Sénégal" coécrit avec Richard Borhinger, et prix de l’Alph-Art Avenir au Festival d’Angoulême. L’auteur a tout naturellement signé chez Gope Editions, qui entreprend de faire connaître l’Asie hors des sentiers rebattus, et on se dit, en contemplant le résultat, qu’on a vraiment bien fait de contribuer au financement participatif via Ulule.

Chronique de Jean-Marc Lernould

(1) Voir l’univers du mythe de Suzy Wong.



vendredi 4 avril 2014

Suzy Wong et les esprits est...

... Disponible !

Dans un premier temps, Suzy Wong est les esprit est en vente directe auprès de l'éditeur, puis, dans 2-3 semaines, il le sera en ligne sur votre plateforme habituelle et chez votre libraire préféré.